1. Objet et attribution
Louis, Rat de Passage, remet une fiche explicitement numérotée 3, datée du 21 octobre. Elle est rapprochée des deux pages de minutes communes et de la confirmation du module par le déposant. La note personnelle du cigare est 8,2/10 ; le Comité évalue la qualité documentaire à 73/100.
2. Identification : une sous-cape ne disparaît pas par déclaration
La gamme Don Tomás Clásico et le lieu de fabrication déclaré, Honduras, rendent le dossier reconnaissable. Le module « admis » ne désigne cependant aucun format ; la ligne Dimensions n’apporte aucune mesure exploitable et le blend ne reçoit aucune information technique. Le Robusto est confirmé lors du dépôt.
Le catalogue Meier & Dutch donne 5½ pouces × 50, environ 140 mm. General Cigar indique une cape et une sous-cape honduriennes, avec une tripe dominicaine et hondurienne. Les variations de détails entre catalogues empêchent de certifier la composition de ce lot à partir des seules pages web.
La réponse « inexistante » à la sous-cape contredit néanmoins la référence de gamme. « Verte/marron » décrit une couleur de cape et « compacte » une construction de tripe : aucune de ces deux mentions n’en identifie l’origine. Les éditions régionale et limitée sont déclarées absentes sans vérification indépendante du lot.
Ces erreurs et imprécisions pèsent dans les 6/15 d’identification. Elles ne sont pas comptées une deuxième fois comme des fautes aromatiques ou des preuves d’inauthenticité.
3. Toucher, nez et préparation
Le toucher associe un ensemble dur à des points mous. Le nez donne bois humide et mousse ; le cru évoque un meuble ancien. L’examen dispose donc de repères personnels utiles, sans imposer leur présence dans la liste du fabricant.
La coupe en V et l’allumette sont cochées. Des épices sont placées en fin de bouche à l’allumage, avec une fumée discrète. Le tirage à froid reste vide, tout comme le volume initial. Le suivi de cendre ne remplace pas ces renseignements manquants.
4. Premier tiers : force et cendre
La palette est cochée serrée et la puissance forte ; la fumée est dite classique, la cendre très belle. « Arrière du palais » localise une sensation sans mesurer une longueur en bouche ; « vers la puissance » et « cigare très digne » restent des orientations et des jugements.
Les minutes attribuent à Louis une surprise devant la douceur sucrée initiale. Douceur gustative et puissance forte ne sont pas incompatibles ; le compte rendu ne fabrique donc pas de contradiction à cet endroit. En revanche, les arômes de ce tiers gagneraient à être explicitement nommés.
5. Deuxième tiers : agrément et manque de descripteurs
La palette est cochée pauvre et la puissance douce. La fumée devient dansante, la longueur en bouche courte et la cendre tient encore. Louis parle d’une présence très flagrante, devenue divine, et d’une surprise exceptionnelle.
Une palette peu diverse peut procurer beaucoup de plaisir. La difficulté documentaire vient de l’absence de mots pour expliquer ce plaisir. Les minutes apportent ici les marrons chauds, comparaison proposée par Louis : ce repère enrichit l’analyse sans être ajouté rétroactivement au formulaire.
6. Dernier tiers et chaleur
La palette devient riche et large ; la puissance reste douce. La fumée est décrite douce et élégante, la cendre déstructurée et la fin glorieuse. La mention « mi-bouche » concerne une localisation davantage qu’une persistance. « À refaire » affirme le verdict sans détailler les composantes de la richesse finale.
Les minutes attribuent ensuite à Louis une température de cigare un peu élevée et l’image du silex argileux. Elles documentent ainsi une sensation technique et un registre minéral absents des rubriques aromatiques détaillées. La cause de la chaleur n’est pas établie : aucun rythme de bouffées n’est mesuré.
7. Minutes, cendre et accompagnement
Le rallumage commun à 19 h 53 concerne les deux cigares. Louis observe longuement sa cendre et s’en félicite ; aucune longueur en centimètres n’est donnée. L’incident de cendre maltraitée garde un auteur anonyme dans les minutes et n’est donc attribué à aucun membre dans sa note.
À 20 h 17, l’accompagnement passe du Planteray Sealander à une verveine maison citronnée 2026. Louis indique se sentir coupable d’avoir changé de spiritueux ; sa fiche retient la verveine. Le compte rendu conserve les deux étapes. Les conseils ou opinions de Julien ne lui sont pas transférés.
8. Bilan, note et suites
Louis déclare une puissance de 5/10, une richesse de 8,2/10, un rapport qualité-prix de 8,5/10, un prix de 8 € et une durée de 1 h 30. La note personnelle du cigare, également 8,2/10, constitue une donnée distincte de la richesse. Aucun tarif commercial étranger ne corrige le prix déclaré.
Il préfère ce cigare au précédent, ce que corroborent les notes personnelles 8,2/10 contre 7,1/10. Le Comité attribue pourtant 73/100 contre 79/100 au dossier : une meilleure expérience ne compense pas la composition erronée, l’identification fantaisiste et les tiers insuffisamment décrits.
La fiche possède un fil technique utile, surtout autour de la cendre, et les minutes ajoutent plusieurs sensations attribuées. L’effort suivant doit porter sur le tirage, les dimensions et un vocabulaire sensoriel précis. La cendre a tenu sa place ; la sous-cape doit retrouver la sienne.
