Rat de Passage

Grade au moment de la dégustation · Dégustation du
Publié le 23 octobre 2026 · Dernière révision : 23 octobre 2026

Identification du dossier

Membre : Louis
Cigare déclaré : CAO Gold Robusto (identifié dans les pièces de séance)
Durée : 1 h 56 déclarée sur la fiche
Accompagnement : Golden Eight — liqueur de poire Williams
Prix : 9 € déclarés

Note du Comité · qualité du dossier79/100
Note du cigare · avis de Louis7,1/10Note personnelle manuscrite lue à 7,1/10.

Base de l’évaluation : Fiche individuelle, deux pages de minutes communes et caractéristiques de référence vérifiées auprès de CAO et de Cigar World le 23 octobre 2026.

Apport des minutes : Deux épisodes de rallumage attribués à Louis et perte d’agrément aromatique finale corroborent les observations techniques et le jugement. Son commentaire sur la liqueur trop sucrée complète le contexte d’accord. Ces éléments sont pris en compte dans les critères de préparation et de cohérence ; les propos des autres participants ne lui sont pas attribués.

Le cigare à l’épreuve des pièces

Caractéristiques de référence vérifiées, confrontées aux déclarations consignées. Les informations ajoutées par le Comité ne sont pas créditées rétroactivement aux dégustateurs.

CAO Gold Robusto — comparaison documentaire
ÉlémentRéférence vérifiéeFiche de Louis
Module et dimensionsRobusto : 5 pouces × calibre 50, soit 127 mm de longueur.Gold Robusto correct ; « 3 pieds australien » ne correspond pas aux dimensions du fabricant.
CapeConnecticut d’Équateur.Marron kaki : couleur, pas origine ni type de tabac.
Sous-cape et tripeNicaragua pour les deux. La composition n’est donc pas entièrement nicaraguayenne.« Serré » et « espacé » ne renseignent pas l’origine des feuilles.
Profil annoncéDoux à moyen selon CAO ; repère descriptif de gamme.Début doux ; final fort et puissance globale 6/10 : expérience différente du profil général, à conserver comme observation.
Repères aromatiquesCAO cite notamment cuir, poivre, cacao, noix et terre.Le cuir recoupe la présentation ; foin et thé restent des perceptions personnelles.
Année, prix et duréeCes pages ne certifient ni le millésime du lot, ni un tarif français à la date de séance, ni une durée individuelle.9 € et 1 h 56 sont des déclarations de séance, conservées comme telles.

La référence produit précise les faits vérifiables ; elle ne prescrit pas le goût du membre. Un arôme absent de la liste de la marque n’est pas une erreur. Les origines de feuilles ne doivent pas être confondues avec le lieu de fabrication, que les pages retenues ne précisent pas. Les notes documentaires restent inchangées : les lacunes d’identification étaient déjà prises en compte ; les corrections apportées par le Comité ne deviennent pas des observations des membres.

Sources consultées le 23 octobre 2026 : CAO — Gold (fabricant) · Cigar World — Gold (General Cigar).

1. Objet et pièces examinées

Le Comité examine la deuxième fiche de Louis, Rat de Passage, datée du 19 octobre 2026, avec les deux pages de minutes communes. Le cigare est identifié comme un CAO Gold Robusto. La fiche porte le numéro 2 ; son auteur et son grade ont été confirmés lors du dépôt.

Cette évaluation porte sur la qualité de ses observations et de leur consignation. La note personnelle du cigare, lue à 7,1/10, demeure celle du dégustateur. Le Comité ne se substitue pas au palais ; il se réserve simplement le formulaire.

2. Identification : le module sort de l’anonymat

La marque CAO et la désignation Gold Robusto sont renseignées. L’origine et le lieu de fabrication sont déclarés nicaraguayens, pour un prix de 9 €. Le prix reste une déclaration de séance. La composition est désormais confrontée à la fiche CAO : cape Connecticut d’Équateur, sous-cape et tripe du Nicaragua. L’indication générale « Nicaragua » ne doit donc pas être étendue à toutes les feuilles ; le lieu exact de fabrication n’est pas précisé par les pages de référence retenues.

La dimension « 3 pieds australien » ne constitue pas une mesure exploitable et ne correspond pas au Robusto 5 pouces × calibre 50 annoncé par CAO, soit 127 mm de longueur. Les rubriques de composition mêlent une couleur (« marron kaki »), une appréciation du serrage et une impression d’espacement. Elles ne permettent pas d’identifier les tabacs de cape, sous-cape et tripe. Le Comité reconnaît une tentative de description ; la référence fabricant permet maintenant de préciser les feuilles sans créditer ces informations au déclarant. Le pied australien conserve sa liberté, à distance du tableau des dimensions.

Appréciation : référence commerciale mieux précisée que sur la première fiche ; dimensions et composition restent à renseigner avec les informations de la boîte ou à déclarer inconnues.

3. Construction et examen à froid

Louis coche une construction ferme, avec des points mous et des nervures plates. Il distingue ainsi une impression générale d’un défaut localisé, plutôt que de qualifier tout le cigare d’une seule humeur.

Au nez apparaissent le cuir — décrit par une référence automobile — et le foin de grange. À cru, Louis note la feuille de thé. Ces trois repères sont plus discriminants que la simple mention « tabac / fumée » de sa première contribution. La marque du véhicule renseigne surtout la mémoire olfactive du Rat ; elle n’entre pas dans la composition du cigare. Le cuir recoupe la présentation aromatique de CAO ; le foin et le thé demeurent des perceptions personnelles, sans devoir figurer dans le catalogue pour être recevables.

La coupe en V est cochée. En revanche, aucune case de tirage à froid n’est renseignée. Les minutes mentionnent l’utilisation et l’inauguration de coupe-cigares, sans démontrer une autorisation d’emprunt du Coupe-Cigare du Président : le Comité ne fabrique pas d’infraction avec un accessoire mal identifié.

Appréciation : progrès sensible dans le vocabulaire à froid ; le tirage demeure un silence récurrent du dossier.

4. Allumage et cadre de séance

L’allumage est réalisé à l’allumette. La fiche relève un arôme « chaud », une fumée légère et un volume « mi-cuit ». Ces termes rendent une impression, mais la chaleur et la cuisson imagée ne décrivent ni un arôme précis ni une quantité de fumée mesurable.

Les minutes indiquent un allumage initial digne, une ambiance musicale du CRCC et un accompagnement Golden Eight, liqueur de poire Williams. Elles attribuent à Louis le jugement « trop sucrée » sur cette boisson. Voilà une observation personnelle utile à l’accord, même si son effet précis sur le cigare n’est pas décrit.

La bougie parfumée aux fruits rouges, puis l’incident urinaire de Mandala, font partie du contexte commun. Ils constituent des odeurs concurrentes possibles ; aucune pièce ne permet de leur attribuer une saveur précise ou le mauvais comportement final du cigare.

5. Premier tiers : douceur, mais peu d’arômes explicités

La palette est cochée serrée, la puissance douce. Louis décrit une fumée « transparente », une cendre compacte et une longueur en bouche moyenne. L’évolution va « de l’intrigue à l’évidence » et la note personnelle évoque un très bon moment entouré d’amis.

La description distingue bien puissance, fumée, cendre et persistance. L’évolution reste toutefois narrative : on comprend que le cigare devient plus lisible, sans savoir quel arôme s’affirme. L’agrément social est parfaitement recevable, mais ne remplace pas une observation aromatique.

Appréciation : entrée correctement caractérisée sur le plan des sensations ; le cigare gagne en évidence plus vite que sa description.

6. Deuxième tiers : un rallumage documenté

La palette devient large, la fumée « courte / dense », la cendre « volatile » et la longueur en bouche reste moyenne. La puissance n’est pas cochée. La mention « présent » confirme une sensation d’affirmation, sans préciser son registre.

Le « rallumage bénéfique » est l’information technique majeure de ce tiers. Les minutes attribuent à Louis deux épisodes de rallumage au cours de la séance. Elles consolident donc la réalité des interventions, mais ne permettent ni de dater exactement chaque tiers ni de dire que chaque rallumage a eu le même effet.

Le passage de « serrée » à « large » donne une progression ; l’absence de nouveaux arômes identifiés limite sa précision. Le Comité constate que le sujet revient au service après rallumage, sans pouvoir reconstituer tout son entretien.

7. Dernier tiers : la présence devient encombrante

La palette est désormais pauvre, la puissance forte. La fumée est « passable », la cendre friable et la longueur en bouche « forte ». Cette dernière formule paraît traduire une persistance importante, mais gagnerait à être remplacée par un terme de durée plutôt que d’intensité.

L’évolution « vers le feu ardent » et la sensation qui « se dépose sur la langue, difficile » décrivent un final moins confortable. Les minutes confirment explicitement que Louis n’apprécie plus l’arôme de son cigare en fin de séance. Le profil de gamme doux à moyen annoncé par CAO ne rend pas ce final fort impossible : une présentation commerciale ne réfute pas une sensation individuelle. Les minutes renforcent cette conclusion sans permettre de diagnostiquer une cause : surchauffe, rythme, rallumages et environnement ne sont pas départagés par les pièces.

Appréciation : fin franchement différenciée et cohérente avec les minutes. Le sujet ne manque plus de présence ; il manque plutôt de discrétion sur la langue.

8. Bilan personnel et portée des minutes

La puissance globale de 6/10 et la richesse aromatique de 4/10 sont compatibles avec une montée en force accompagnée d’un appauvrissement final. Le rapport qualité-prix est noté 6,5/10 ; la note générale est lue à 7,1/10.

La durée personnelle déclarée est de 1 h 56. Les minutes documentent la séance et la rédaction entre 23 h 01 le 19 octobre et 1 h 04 le 20 octobre, soit 2 h 03. Ces deux durées ne désignent pas exactement la même chose ; elles ne doivent pas être rendues identiques pour satisfaire un tableau.

Le jugement final valorise le comportement du sujet, la dignité des personnes présentes et la qualité de la discussion. La convivialité a manifestement compté dans l’expérience. La progression aromatique et l’accord avec la poire restent, eux, moins détaillés.

Les minutes ont été utilisées pour le suivi technique, la cohérence du final et le contexte. Elles ne remplacent pas la case de tirage laissée vide et n’accordent aucun point pour les plaisanteries, la transmission de grades ou les sujets extérieurs au cigare.

9. Note du Comité

Cette note évalue la qualité de la contribution documentaire du membre. La note du cigare demeure son appréciation personnelle.

Détail de l’évaluation sur 100
CritèreNoteAppréciation
Identification et renseignements généraux12/15CAO Gold Robusto identifié, prix et durée renseignés ; dimension fantaisiste et composition non exploitable.
Préparation et observations techniques15/20Coupe, construction, cendre et rallumages documentés ; tirage à froid et puissance du deuxième tiers non renseignés.
Description et évolution aromatiques22/30Cuir, foin et thé à froid ; étapes bien distinguées, mais peu de descripteurs aromatiques au cours des tiers.
Cohérence et nuance du jugement17/20Dégustation douce puis forte et appauvrie ; final difficile corroboré par les minutes, termes de persistance à préciser.
Soin et exploitation de la fiche13/15Deuxième fiche suivie et lisible ; vocabulaire à mieux séparer des rubriques techniques.
Total79/100Deuxième fiche recevable — mémoire olfactive affirmée, précision technique à consolider.

Barème proposé pour ce compte rendu ; aucun changement de grade n’en découle.

10. Appréciation du Comité

Louis livre une deuxième fiche plus personnelle à froid et mieux identifiée commercialement. Le cuir, le foin et la feuille de thé constituent des repères utiles, tandis que la cendre, les changements de fumée et le rallumage reçoivent un véritable suivi.

Le dernier tiers est décrit sans complaisance : la puissance monte alors que la richesse diminue et que la sensation sur la langue devient difficile. Les minutes renforcent cette lecture en attribuant explicitement à Louis la perte d’agrément aromatique finale. Le Comité apprécie que le Rat ne transforme pas une bonne soirée en obligation d’aimer tout le cigare.

Le principal axe de progression reste la précision des rubriques : le tirage doit être renseigné, les dimensions doivent pouvoir se mesurer et les champs de composition doivent recevoir une information connue ou la mention « non renseigné ». Les évolutions « présent » ou « vers le feu ardent » gagneront à être accompagnées d’un arôme ou d’une sensation clairement distinguée.

L’évaluation atteint 79/100 contre 70/100 pour sa première fiche, révisée le 23 octobre 2026 avec le même barème proposé. Cet écart traduit un dossier mieux identifié et un suivi technique plus exploitable ; il ne mesure pas à lui seul une progression de l’expertise et ne vaut aucun changement de grade. Le Comité conserve le Rat de Passage et recommande de conserver aussi un peu de place pour le tirage.

Révision documentaire du 23 octobre 2026 : les caractéristiques du fabricant sont désormais comparées à la fiche et aux minutes. La note est maintenue, les lacunes d’identification ayant déjà été prises en compte. Les perceptions aromatiques ne sont pas notées selon leur conformité au discours de la marque.

Deuxième fiche recevable — mémoire olfactive affirmée, précision technique à consolider.

Le Comité exécutif — CRCC
On pipe rien, mais on a des fiches.

Comprendre la note du Comité et le rôle des minutes

La note du Comité sur 100 évalue la précision, la cohérence et la qualité des observations du membre, à partir des pièces disponibles. La note du cigare sur 10 exprime le jugement personnel du dégustateur.

Les minutes appartiennent à la séance. Elles peuvent compléter le contexte commun et les faits techniques ; seules les observations explicitement attribuées à un membre enrichissent son évaluation personnelle. Une remarque sans auteur reste un élément de contexte.

L’absence de minutes ne retire aucun point. Leur présence seule n’en ajoute aucun. Chaque compte rendu indique les pièces utilisées et, lorsqu’il existe des minutes, leur apport individuel à l’évaluation. La note est réexaminée dans les critères concernés, avec une date de révision.

Le barème présenté avec la première fiche est un barème d’analyse proposé ; il ne constitue pas un règlement préexistant du Club. Une note ne vaut pas changement de grade.