1. Objet et identification du déclarant
Cette première fiche est attribuée à Julien, Rat de Passage, pour la séance du lundi 19 octobre 2026. Le numéro, laissé vide sur le formulaire, a été confirmé comme fiche nº 1 lors du dépôt. Le Comité examine les deux pages de la fiche et les deux pages de minutes communes.
La mention manuscrite « Note CRCC : 73/100 » a été confirmée comme la note personnelle du cigare. Elle équivaut à 7,3/10 pour les graphiques communs. Elle ne constitue pas l’évaluation documentaire du Comité, établie séparément ci-dessous. Deux notes peuvent cohabiter sans que l’une porte de faux papiers.
2. Identification du spécimen et conservation
La marque CAO, l’origine déclarée « Nicaragua » et l’année 2026 sont renseignées. La référence fabricant précise une cape Connecticut d’Équateur sur une sous-cape et une tripe du Nicaragua : l’indication générale d’origine ne décrit donc pas tous les composants. L’année inscrite ne prouve ni un millésime du tabac ni une édition particulière du lot. La désignation CAO Gold Robusto est explicitement fournie par les minutes et cohérente avec la fiche de Louis ; la bague est jointe à la fiche de Julien.
La rubrique « Vitole » décrit surtout l’apparence de la bague et la « Référence du spécimen » reçoit un simple « Oui ». Ces réponses ne suffisent pas à identifier un module. Le fabricant donne pour le Robusto une longueur de 5 pouces, soit 127 mm, et un calibre 50 ; ces données complètent le compte rendu, sans remplir rétroactivement la fiche du Rat. Les minutes réparent ici une lacune réelle, sans effacer le besoin de mieux remplir ces champs lors du prochain dépôt.
Le repos en cave est déclaré à un mois, avec 65 % d’humidité et 22 °C. Les conditions sont qualifiées de « parfaites » par le déclarant : le Comité conserve cette appréciation comme telle, sans en faire une mesure indépendante ni un diagnostic sur la conservation.
Appréciation : renseignements de conservation utiles ; identification commerciale retrouvée par rapprochement des pièces. Le formulaire possède encore un « Oui » qui cherche son cigare.
3. Construction et nez à froid
La cape est décrite marron kaki, un peu abîmée, satinée et bien veinée. La construction est déclarée faite main, ferme avec des points mous. Ces indications distinguent plusieurs dimensions concrètes et signalent des irrégularités plutôt que de les dissimuler sous un compliment.
Le cuir est coché au nez à froid. La première impression développe un cuir de vache et un foin de grange, assorti d’un souvenir d’après-midi de septembre. Le cuir et le foin sont des repères exploitables ; la date saisonnière illustre surtout la mémoire personnelle. Le Comité n’exige pas de bulletin météorologique pour homologuer un arôme.
Appréciation : examen initial précis et personnel, sans nécessité de confondre richesse d’image et exactitude analytique.
4. Préparation, tirage et allumage discuté
La coupe en V est cochée. Le tirage à froid reçoit un repère situé vers le côté ouvert de l’échelle, complété par une sensation « souple » et l’aveu d’avoir reçu un peu de tabac en bouche. Cette combinaison de case et de commentaire donne une information technique directement exploitable.
Le fond sonore est la playlist du CRCC ; les minutes précisent un album du Club. L’accompagnement commun est une Golden Eight, liqueur de poire Williams. La remarque sur son excès de sucre est attribuée à Louis et n’est donc pas reprise comme une opinion de Julien.
Les minutes commencent par un allumage jugé digne, puis rapportent une contestation de la technique de Julien, soutenue par Louis, et un débat sur la manière de sauver le cigare. Elles décrivent ensuite un rallumage personnel de Julien. Cette chronologie nuance l’idée d’une préparation sans incident, sans établir à elle seule une faute technique précise.
Appréciation : bonne consignation du tirage et d’un incident de coupe ; les minutes complètent utilement la préparation. Le briquet ou l’allumette effectivement employés par Julien ne sont pas identifiés avec certitude dans sa fiche.
5. Premier tiers : le poivre donne un repère
Le texte mentionne un poivre du Sichuan, un ensemble plutôt léger, une consommation jugée étonnamment rapide et une cendre charnue. Julien évoque un moment hors du temps. Le Comité distingue l’observation de vitesse de la satisfaction personnelle, qui sont toutes deux recevables mais ne mesurent pas la même chose. Le poivre et le cuir recoupent les repères publiés par CAO ; le foin reste une perception personnelle recevable. La liste de la marque ne constitue pas un corrigé aromatique à réciter.
Aucune case d’arôme dominant n’est cochée, alors que le texte nomme un poivre précis. Ce n’est pas une absence de perception ; c’est un décalage entre le commentaire et la grille. Les repères de tirage, fumée, combustion et intensité sont renseignés, mais toutes ces échelles ne portent pas de légendes permettant de transformer chaque position en diagnostic technique certain.
Appréciation : premier tiers expressif et utile. La vitesse ressentie est à documenter par des horaires propres au cigare, plutôt qu’à comparer directement avec la durée totale de rédaction.
6. Deuxième tiers : stabilité cochée, découverte racontée
Julien coche « Rien ne change », tout en écrivant que le cigare est prometteur et intrigant dès le début, puis livre ses secrets au fur et à mesure. Les repères de fumée et d’intensité se déplacent également entre les deux tiers.
Ces éléments peuvent traduire un registre aromatique stable et une découverte subjective progressive. La fiche ne formule toutefois pas cette distinction : elle laisse au lecteur le soin de rapprocher un commentaire évolutif d’une case d’immobilité. Aucun nouvel arôme n’est nommé dans cette partie.
Appréciation : ressenti bien présent, progression aromatique insuffisamment explicitée. Le Comité accueille les secrets du cigare, mais souhaiterait en obtenir au moins un extrait.
7. Dernier tiers et décision d’arrêt
Les rubriques d’intensité finale, de complexité et d’agrément sont renseignées ; l’agrément est assorti de deux points d’interrogation. La fin est cochée « Abandon volontaire ». Julien distingue donc le plaisir initial de sa décision de ne pas poursuivre jusqu’au bout.
La fiche n’explique pas directement le motif de l’arrêt. Les minutes documentent un rallumage de Julien et des discussions sur l’allumage ; elles n’attribuent pas à Julien la phrase sur l’arôme devenu déplaisant, qui concerne Louis. Le Comité s’interdit donc de lui prêter cette conclusion.
La bougie parfumée, les conditions de la pièce et l’incident de Mandala constituent un contexte sensoriel commun. Leur rôle dans la fin du cigare de Julien n’est pas démontré. L’administration constate l’existence du chat ; elle ne lui attribue pas encore toute la combustion.
Appréciation : arrêt clairement déclaré, justification sensorielle à développer lors de la prochaine fiche.
8. Verdict personnel, temporalité et réserves
Julien indique qu’il rachèterait ce cigare et lui attribue 73/100. Il coche également « Cigare de référence », recommande l’archivage et cite Mr Crevette comme membre avec lequel il le partagerait. Ces choix expriment son propre verdict ; ils ne valent ni classement officiel du Comité ni preuve de présence de ce membre à la séance.
Le commentaire final salue la dégustation, la greffière et la compagnie. Les minutes confirment le travail de consignation jusqu’à 1 h 04 le 20 octobre, après une ouverture à 23 h 01 le 19 octobre. Les 2 h 03 ainsi documentées ne sont pas la durée individuelle de fumage de Julien, qui reste non renseignée. Elles ne permettent donc pas de réfuter sa perception d’une consommation rapide.
Le contraste entre un final interrogatif, un abandon volontaire et une volonté de rachat est intéressant plutôt que rédhibitoire : un cigare peut avoir plu globalement sans convaincre jusqu’à la fin. La qualification de « référence » mérite cependant une justification plus circonstanciée que le seul agrément de la soirée.
Les minutes renforcent l’analyse technique et la chronologie ; elles ne fournissent pas de nouveaux arômes personnellement attribués à Julien. Aucun bonus ne sanctionne l’enthousiasme de l’entourage, et aucune plaisanterie extérieure à la dégustation ne devient un critère de notation.
