Un membre conteste la température d'un cigare
BULLETIN OFFICIEL · ANALYSE & OBSERVATIONS

Le Comité reconnaît que la température était « chaude », mais refuse de déterminer si elle était chaude au sens administratif ou simplement au sens physique.
Le dossier est transmis au Bureau des définitions.
La discussion portait moins sur des degrés que sur les mots employés pour décrire une fumée ressentie comme chaude. Un participant souhaitait utiliser « franchement brûlante » ; un autre proposait « administrativement tiède ». Il a fallu rappeler qu'une sensation peut être sincère sans devenir une mesure physique et qu'une fiche gagne toujours à préciser les conditions observées.
Le mot « chaud » décrit une sensation, pas une mesure technique suffisante. La température ressentie dépend notamment du rythme de dégustation, du format et de la portion déjà fumée. Sans instrument ni protocole, mieux vaut noter « fumée ressentie comme chaude » que prétendre disposer d’une température exacte du cigare.
La chaleur perçue pendant une dégustation ne se confond pas avec une mesure physique prise à l'aide d'un instrument. Elle dépend de circonstances variables et peut être décrite comme sensation, sans prétendre à une précision absolue. La rigueur consiste à ne pas transformer un adjectif en chiffre inventé. Cette prudence est une mauvaise nouvelle pour le Bureau des définitions, qui venait de commander plusieurs tampons « tiède ». Une mention datée et reliée à une référence connue restera plus utile qu'un commentaire emphatique impossible à expliquer lors de la prochaine séance du Club.
