Nouvelle directive sur l'emploi du mot « complexe »
BULLETIN OFFICIEL · ANALYSE & OBSERVATIONS

Le Comité rappelle qu'un cigare n'est pas automatiquement complexe parce que la personne qui le fume n'arrive pas à le décrire.
Le terme devra désormais être accompagné d'au moins deux observations vérifiables, ou d'un silence digne.
La Commission a reçu des descriptions si « complexes » qu'aucun de leurs auteurs ne pouvait les expliquer le lendemain. Elle a alors demandé des exemples plus concrets : une évolution d'arômes, un changement de sensation ou un contraste entre deux moments. Cette révolution documentaire a déclenché une inquiétude considérable chez les amateurs d'adjectifs grandiloquents.
Qualifier un cigare de « complexe » revient généralement à parler de diversité ou d’évolution des sensations perçues. Ce terme reste subjectif : mieux vaut indiquer ce qui a changé entre le début et la fin de la dégustation. Une observation modeste et précise vaut davantage qu’un qualificatif spectaculaire sans explication.
Le vocabulaire de dégustation n'est pas une langue officielle dont chaque mot porterait une définition gravée dans le marbre. Quelques observations précises, rattachées à un moment de la séance, sont plus utiles qu'une longue succession d'adjectifs. La perception évolue d'une personne à l'autre ; une fiche honnête peut donc exprimer une incertitude. Au Comité, cette simplicité suscite encore la méfiance des départements chargés des périphrases.
