Le service des archives refuse de classer une fiche
BULLETIN OFFICIEL · ANALYSE & OBSERVATIONS

Motif invoqué : « trop de ratures pour une seule dégustation ». Le membre concerné a fait appel en produisant une seconde fiche encore plus raturée.
La Commission des recours est désormais saisie.
Les ratures formaient, selon le service, une composition abstraite incompatible avec l'archivage linéaire. Le membre soutenait au contraire qu'elles témoignaient d'un esprit en pleine évolution gustative. Le Club s'est donc demandé si une note imparfaite mais honnête devait être rejetée au profit d'une fiche impeccable et vide. La réponse est moins spectaculaire qu'une commission : il faut pouvoir retrouver les informations essentielles.
Une fiche raturée peut rester informative si elle précise ce qui a réellement été observé. Pour comparer plusieurs dégustations, il est préférable d’indiquer le cigare, la date, la coupe, les impressions successives et les éventuels incidents. La propreté de l’écriture aide à relire le document ; elle ne garantit pas la justesse d’un jugement.
Une archive utile permet de retrouver une séance, sa date et les observations qui lui sont associées. Les mots-clés, les titres compréhensibles et un classement stable rendent ce travail plus simple qu'une accumulation de chemises solennelles. Une fiche de dégustation n'a pas besoin d'être parfaite, seulement identifiable et suffisamment claire pour être relue. Le Club persiste toutefois à admirer les classeurs neufs, dont la capacité d'organisation n'est pas démontrée.
