Le Bureau des arômes demande l'interdiction provisoire du terme « boisé »
BULLETIN OFFICIEL · ANALYSE & OBSERVATIONS

La décision fait suite à l'incapacité collective de déterminer de quel bois il était question.
La mesure est levée trois jours plus tard faute d'alternative.
Le terme « boisé » a été suspendu le temps d'établir si chacun pensait au même bois. Les réponses ont révélé une variété de souvenirs, de meubles et de forêts bien au-delà du sujet initial. Pour rendre une fiche informative, il vaut mieux accepter le caractère subjectif des sensations et préciser l'association perçue quand elle est identifiable.
« Boisé » désigne une famille d’associations aromatiques possibles, mais l’expression gagne à être précisée lorsque le dégustateur le peut. Le ressenti peut évoquer le bois sec, le cèdre ou d’autres notes perçues, sans qu’il s’agisse d’un ingrédient ajouté. L’interdiction provisoire est une satire de la réglementation du vocabulaire.
Les mots employés pour qualifier des arômes sont des associations personnelles : ils ne prouvent pas que le cigare contient littéralement la matière évoquée. Décrire une impression à un moment précis, puis noter si elle se modifie, fournit davantage de contexte qu'un adjectif isolé. Les sensations varient selon les personnes et l'environnement. La Commission des parfums du CRCC n'a pas encore réussi à réglementer les souvenirs, malgré plusieurs essais. Cette manière de raconter la séance permet de séparer la plaisanterie administrative des observations qui pourront être comprises et comparées par d'autres lecteurs.
